Rwanda: l’opposant Paul Rusesabagina bénéficie d’une grâce présidentielle

Au Rwanda, Paul Rusesabagina a été libéré le vendredi 24 mars, après deux ans et sept mois de détention. C’est ce qu’a annoncé la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo. Le héros controversé du génocide de 1994 avait été condamné à 25 ans de prison pour terrorisme et financement du terrorisme, peine finalement commuée « par décret présidentiel ». Les Dix-neuf autres membres et cadres du parti MCRD (Mouvement pour le changement démocratique au Rwanda) et du groupe rebelle FLN (Front de libération nationale) qui étaient également co-accusés dans cette affaire ont été aussi commuées.

Cette libération fait suite à de nombreuses demandes et actions en justice. En octobre 2022, les opposants à Paul Kagame ont demandé par écrit une grâce présidentielle après que le ministère rwandais de la Justice a annoncé en mai qu’il maintiendrait sa peine et que l’intervention du secrétaire d’État américain Anthony Blinken a échoué, passant par le Rwanda en août de la même année.

Si les États-Unis (qui lui ont décerné la Médaille présidentielle de la liberté en 2005) et la Belgique se sont relayés pour le défendre, alors, selon le gouvernement, c’est le Qatar qui a joué un rôle décisif dans la libération de Rusesabagina. Son cas aurait été évoqué lors de la visite de Kagame à Doha quelques jours plus tôt, puisqu’il qu’il avait été remis à l’ambassadeur du Qatar.

Avec l’autorisation du ministère de la Justice, l’opposant pourra quitter le territoire rwandais pour Doha, d’où il pourra rejoindre sa famille qui est résidente permanente aux Etats-Unis (ou en Belgique, dont il est ressortissant). Alain Mukuralinda, porte-parole adjoint du gouvernement, a déclaré qu’il s’était engagé à cesser toute activité politique dans une lettre adressée au président rwandais.

Pour rappel, Paul Rusesabagina accusait le régime rwandais de dérives autoritaires et en était devenu l’un des opposants les plus farouches de Kagame. Il était également soupçonné par le gouvernement d’avoir financé le FLN qui a perpétré des attaques meurtrières en 2018 et 2019 dans le pays.

Ismaël Sagara

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