Mois de Ramadan : les jeûneurs résistent à la forte chaleur !

Le mois béni du Ramadan a débuté le jeudi 23 mars au Mali. Cette année, il coïncide avec une période chaleur atroce, violente et insupportable, un calvaire pour la population malienne. Malgré tout, les fidèles musulmans font tout pour y faire face. Cependant, nombreux Maliens disent ne pas pouvoir jeûner en raison de la forte chaleur.

Dans les rues du district de Bamako, mécaniciens, menuisiers ou maçons sont contraint. Moussa Togo est un réparateur de moto, qui nous fait savoir qu’il a changé sa méthode de travail durant ce mois de Ramadan, à cause de la chaleur atroce piquant tout le corps. Selon notre interlocuteur, ce mois se pointe dans un contexte marqué par une forte chaleur accompagnée par une augmentation des prix de certaines denrées de première nécessité.

À Bamako, de nombreuses personnes estiment déjà que le jeûne est difficile en cette période de saison sèche, surtout ceux qui passent presque toute la journée sous le soleil en travaillant ou en marchant. « Vu la hausse de la température, c’est un peu compliqué, il fait énormément chaud. Ce n’est pas évident pour certains de continuer le jeûne dans la chaleur », a affirmé Moussa Togo, qui réside à 1008 logements.

Amadou Doumbia, chef de famille, s’inquiète non seulement pour la chaleur intense, mais notamment pour les dépenses. « À vrai dire, ce mois de Ramadan a coïncidé avec une période très difficile dans notre pays. Au-delà de la forte chaleur, nous devons prier et demander la clémence de Dieu. Notons que le ramadan est une période importante dans la religion musulmane, mais les gens souffrent par la cherté de vie dont nous sommes victimes depuis des années », a-t-il indiqué avant d’interpeller la Transition à faire face à cette situation.

En plus de son importance sur le plan religieux, précise Amadou Doumbia, le jeûne permet également de soigner des maladies.

Pour le « Sohour », repas consommé avant l’aube pour démarrer le jeune, les spécialistes de la santé recommandent aux jeûneurs de manger des fruits et des aliments riches en protéines, mais aussi de bien boire de l’eau.

Dr Bazoumana Traoré, maître de conférence et islamologue, a laissé entendre que le jeûne consiste à arrêter de se nourrir, pendant une journée ou plusieurs semaines, et à vivre sur les réserves de l’organisme.

A l’origine, il s’agit d’un rituel religieux, associé à la prière et l’aumône. Les musulmans le pratiquent durant le Ramadan, les juifs durant Yom Kippour et les catholiques durant le Carême. Au cours de l’Antiquité, des philosophes comme Socrate et Platon choisissaient aussi de jeûner pour améliorer leurs performances intellectuelles. Puis, au fil des siècles, cette pratique a commencé à être associée aux grèves de la faim réalisées par des manifestants pacifiques, le plus connu étant bien sûr Gandhi.

Mais depuis quelques années, le jeûne revient sur le devant de la scène pour ses possibles vertus thérapeutiques. De plus en plus d’individus le pratiquent de manière intermittente pour nettoyer leur organisme et certains médecins le recommandent même à leurs patients atteints de cancers.
« Pour moi, les gens sont débordés d’imagination pour aborder la souffrance des jeûneurs en cette période particulièrement pénible. Lorsqu’il s’agit, de surcroît, de passer toute la journée sans boire ni manger, du lever au coucher du soleil, Ramadan oblige, cette vague de chaleur n’est rien par rapport à celle de l’au-delà », a dit Dr Traoré avec précision.

Par conséquent, le médecin généraliste, Dr Souleymane Diallo nous conseille d’éviter l’exposition au soleil pendant le jeûne. Le grand risque, selon lui, c’est précisément la déshydratation, donc cette perte d’eau dans le corps, qui a des conséquences néfastes sur la santé des pratiquants. « Au moment de la rupture, moi, je conseillerai toujours à ce que les gens puissent commencer avec les aliments liquides tels que la bouillie, les soupes de légumes légères. On peut aussi prendre quelques dattes », a averti Dr Souleymane Diallo.

M. SANGARÉ

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