Mali: le programme de réparations collectives dans l’affaire Ahmad Al Faqi Mahdi réalisé hauteur de 70%


Le comité de pilotage des réparations de l’affaire Ahmad Al Faqi Al Mahdi suite à la destruction des bâtiments protégés a tenu le vendredi 5juillet 2024, au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme sa deuxième réunion. Cette rencontre entre dans le cadre de la coordination et le suivi des mesures de réparations collectives relatives à l’entretien et la réhabilitation des bâtiments protégés de Tombouctou.

Pour rappel, le 17 août 2017, la Cour Pénale Internationale(CPI), dans l’Ordonnance de réparation dans l’affaire Ahmad Al Faqi Mahdi prévoit une série de mesures telles que l’indemnisation, le soutien psychologique, la commémoration, la réhabilitation et l’entretien des bâtiments protégés et une réparation symbolique à travers l’Euro symbolique à la communauté malienne et à la communauté internationale en 2021.

Dans le cadre de la mise en œuvre des différentes mesures, le Fonds au Profit des Victimes de la CPI, et grâce à l’appui technique et financier des partenaires, a mis en place un vaste programme de réparations collectives relatives à l’entretien et à la réhabilitation des bâtiments protégés de Tombouctou, aux commémorations et à la réparation socio-économique de la communauté de Tombouctou.

Le projet :« rehabilitation et valorisation des bâtiments protégés de Tombouctou » qui constitue un des volets du programme de réparations collectives a atteint un taux de réalisation de 70%. Malgré les résultats encourageants le représentant du bureau UNESCO au Mali, Ali N’dao a souligné que la mise en œuvre des activités du projet est émaillée par un certain nombre de difficultés notamment: la crise sécuritaire et l’occupation des abords immédiats des cultures des cimetières ; l’expression des nouveaux besoins relevés par les communautés bénéficiaires auxquels le budget ne peut pas couvrir.

Au titre de réparations individuelles, depuis le 11 juin 2024, la mesure de réparations individuelles a été clôturé. Le fonds a au total rendu 2094 décisions administratives d’éligibilité, dont 406 négatives et 1688 positives. Sur les 1688 requérants retenus, 15% sont mineurs au moment de la conclusion du processus, 53% sont des femmes (soit 901) et 46,62% des hommes (787). 98,81% des bénéficiaires ont été reconnus éligibles aux réparations individuelles au titre du préjudice moral subi (soit 1668 personnes, 0,89% au titre du préjudice économique (soit 15 personnes), et 0,41% au titre des deux préjudices réunis (soit 7 personnes).

Par rapport aux réparations collectives, sur les 145 propositions reçues 42 ont été sélectionnées par le comité Communal en respectant les quotas fixés à l’issue des consultations communautaires et indiqués dans le cadre directeur. À la suite du diagnostic d’éligibilité des organisations, 13 organisations sont déclarées éligibles sur 19 organisations répertoriés.

Concernant les réparations symboliques, en application des l’ordonnance de réparation rendue par la CPI pour crime de guerre de destruction de bâtiments protégés, les autorités maliennes et le fonds au profit des victimes ont organisé, le 30 mars 202, une cérémonie de remise d’un euro symbolique à l’État malien et à la communauté internationale.

Selon le ministre de l’Artisanat et de la Culture, Andogoly Guindo,le programme réparations a permis la réalisation de plusieurs activités. Il s’agit, notamment, la réalisation des études techniques et architecturales, la reconstruction dun mausolée détruit, le renforcement de la protection des mausolées de saints par la réhabilitation du mur de clôture de deux cimetières et le lancement des travaux de plantation darbres et de haies vives autour des enceintes des cimetières. Ont été également exécutés, la construction dune nouvelle salle d’exposition au Musée Municipal de Tombouctou dédiée aux mausolées, la construction dun monument de commémoration (L’OUHA) en la mémoire de l’événement de 2012 à Tombouctou, l’assistance psychosocial et « thérapie communautaire » au bénéfice des victimes, le renforcement des capacités des communautés sur les techniques d’architecture en terre et en montage de projet.

Pour lui, cette rencontre doit servir d’occasion de se pencher sur les activités retenues dans le cadre de la réallocation des fonds des réparations individuelles vers les réparations collectives. «Ces nouvelles activités qui seront identifiées permettront, jen suis sûr, de renforcer l’impact positif et la durabilité des résultats atteints en répondant aux besoins des communautés victime», a-t-il exprimé.

Quant à la responsable du Fonds au profit des Victimes de la Cour Pénale Internationale (CPI), Aude Le Goff, a fait le point des activités réalisées tel que:  la réhabilitation des murs de clôture des cimetières abritant les mausolées; reconstruction du mausolée Cheick Mohamed Mahamoud Ben Cheick Al Arawani ; plantation d’arbres et de haies vives autour des bâtiments protégés ; amélioration de l’éclairage autour des mausolées et mosquées ; Renforcement des capacités de la corporation des maçons ; renforcement des capacités de la communauté à travers la Mission Culturelle de Tombouctou et la mise en place d’un mécanisme de soutien à l’entretien des bâtiments protégés. Mais pour les perspectives, il reste la finalisation des travaux de plantation d’arbres et de haies vives autour des quatre cimetières (Alpha Moya, Trois Saints, Cheick Sidi El Moctar El Kounti et Sidi Mahmoud), d’ici décembre 2024; mise en œuvre des travaux d’électrification solaire des 10 bâtiments protégés (d’ici fin novembre 2024) ; opérationnalisation du fonds pour l’entretien des Bâtiments protégés de Tombouctou (d’ici fin décembre 2024) ; mise en œuvre des activités additionnelles qui seront retenues et l’organisation d’une cérémonie officielle de réception des travaux avec les autorités nationales et les partenaires. Par rapport aux difficultés rencontrées, il y’a l’insécurité et ses impacts sur les activités et les acteurs ; difficultés d’approvisionnement du chantier en matériaux et matériels (cornières et fil barbelé) ; flambée des prix des produits ; l’expression des nouveaux besoins relevés par les communautés bénéficiaires auxquels notre budget ne peut pas couvrir ; occupation des abords immédiats des cimetières des alentours immédiats du cimetière par des activités diverses : matériaux de construction, garages, dépôts sauvages d’ordures.

Notons que la réunion a eu la participation des représentants de l’ambassade d’Allemagne au Mali et l’ambassade du Canada au Mali.
Jean J Konaté

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