Diabète : « le coût élevé des médicaments et l’inégale  répartition des spécialistes constituent un défi majeur dans la prise en charge au Mali », dixit Dr Bah Traoré

À l’instar de la communauté internationale, notre pays célèbre le 14 novembre de chaque année journée mondiale du diabète décrété par les Nations Unies depuis 2007.En prélude à cette journée, la Fédération Nationale des diabétiques du Mali ( FENADIM) en partenariat avec l’ONG SANTÉ DIABÈTE et l’OMS a organisé une conférence de presse vendredi 10 novembre à la direction générale de la santé et de l’hygiène publique. l’Objectif était de communiquer  sur les progrès  et les défis dans la prise en charge de la maladie au Mali . La dite conférence était animée par Dr Alou Bagayoko de la DGSHP représentant le ministère de la santé, le président de la FENADIM Karfa Maiga, Fousseyni Dienta de l’AMLD, Dr Ibrahim Nientao de l’ONG SANTÉ DIABÈTE, Dr Bah Traoré de la société malienne d’endocrinologie et de diabétologie et celui du représentant de l’OMS.

Dans ses propos introductifs, Dr Alou Bagayoko représentant le département de la santé est revenu sur les progrès réalisés dans le cadre de la lutte contre le diabète au Mali et la solution mise en place par l’Etat en matière d’accès aux soins du diabète notamment dans ces deux dernières années et les perspectives. D’après lui dans les années 1990 , la prise en charge de la maladie se limitait seulement au CHU Gabriel Touré et celui du Point mais qu’à la date aujourd’hui les structures sanitaires se sont multipliées. À célà s’ajoutent l’adoption de la politique nationale et du plan stratégique ainsi que la formation de nombreux médecins ( 3 médecins en 2002, 5 en 2010 et 100 à la date aujourd’hui). Il a aussi parlé la  décentralisation de la prise en charge jusqu’au CSCOM. Pour sa part, le président de la FENADIM Karfa Maiga a présenté sa structure créée le 12 novembre 2011, composée de 33 associations dont l’un de ses objectifs est de jouer le rôle d’une plate-forme de relais des revendications auprès des médecins,  des pouvoirs publics pour obtenir des progrès dans la prévention et dans la prise en charge du diabète d’où la création de la maison de la prévention du diabète, premier du genre au Mali. Le représentant de l’ONG SANTÉ DIABÈTE Dr Ibrahim Nientao a beaucoup mis l’accent sur les stratégies de l’ONG SANTÉ dans la lutte contre le diabète au Mali, le rôle de la maison de la prévention en matière d’accès aux soins du diabète et les enjeux de la nouvelle CP en matière des soins. Il a rappelé que l’ONG SANTÉ DIABÈTE intervient au Mali depuis plusieurs années dans le cadre de la prévention et la prise en charge du diabète à travers 5 volets. Qu’à ce jour, en plus Bamako, l’ONG est présente dans plusieurs capitales régionales notamment: Sikasso, Ségou et Tombouctou.

En sa qualité de membre de la Fédération Internationale du diabète  region Afrique et responsable de l’Afrique de l’ouest Dr Nientao a lancé un cri de cœur aux décideurs et partenaires car dit-t il , en 2022 plus de six millions de personnes à travers le monde ont perdues la vie à cause de cette maladie malgré tout est relégué au second plan face à certaines maladies en matière du financement.

Selon le représentant de l’OMS, le diabète est considéré comme la 10ème cause des décès dans le monde qui touche 24 millions d’adultes en Afrique et peut atteindre 55 millions d’ici 2040 . En présentant la stratégie mondiale de l’accès aux soins du diabète, il a souligné que l’OMS travail avec les pays membres de la fédération internationale du diabète en faisant des appuis techniques et financiers.

Comme les autres conférenciers, l’intervention Dr Bah Traoré endocrinologue et diabétologue a porté sur la présentation générale du diabète ( la définition, les symptômes et moyens de prévention) et les difficultés dans la prise en charge des malades diabétiques et les éventuelles solutions pour faciliter l’accès aux soins des malades. 

Selon Dr Bah Traoré, le diabète est une maladie qui se définit par une glycémie trop élevée en permanence. Qu’il existe trois formes de diabète à savoir : Type 1 qui 10% des personnes atteintes de diabète et principalement les enfants et les jeunes adultes. Le diabète de type 2 qui concerne 90% des personnes atteintes de cette maladie et plus particulièrement les adultes de plus de 45 ans.  Le diabète gestationnel survient chez les femmes enceintes avec une hyperglycémie de sévérité et des risques accrus de complications pendant la grossesse et l’accouchement et developpe ensuite un diabète de type 2 . S’agissant des facteurs, Dr Traoré a mis l’accent sur l’âge surtout à partir de 45 ans, le surpoids, l’obésité, la sédentarité, la non pratique d’activités sportives, alcool, tabac et autres. Dans son explication, il a déclaré que le sexe féminin représente plus de risque que le sexe masculin à cause du nombre élevé d’auromones qui font augmenter le sucre.

Parlant des moyens de prévention, le spécialiste a conseillé la pratique d’activités sportives en dehors d’activités quotidiennes, le changement de comportement ( manger moins gras et moins de sucre) entre autres. Pour Dr Traoré, le coût élevé des médicaments notamment l’insuline, son accessibilité et l’inegale répartition des spécialistes constituent des défis majeurs dans la prise en charge du diabète au Mali d’où son cri de cœur aux autorités.

À l’en croire, les personnes atteintes de cette maladie vivant dans les localités autres que Bamako et les capitales régionales sont obligés de se déplacer pour avoir l’insuline. Toujours selon Dr Bah Traoré, notre pays ne compte que 100 médecins spécialistes du diabète et le plus grand nombre de ces spécialistes est concentré à Bamako excepté quelques capitales régionales d’où son appel aux autorités de chercher  plus d’insuline, former plus de médecins et les affectés dans toutes les localités du pays afin de soulager les patients dont certains n’ont pas les moyens de se déplacer pour avoir l’insuline et autres médicaments. Il n’a pas manqué d’attirer l’attention des personnes atteintes sur le nombre élevé d’amputation ( plaie au pied) à cause du non respect des consignes des spécialistes et la négligence de la maladie.

À noter que le diabète est une maladie chronique très grave. 537 millions de personnes sont atteintes de diabète dans le monde et les millions d’autres à risque. Pour la célébration  de cette 33ème édition, le thème  retenu est  » Accès aux soins du diabète « , en référence l’accès à l’insuline car 100 ans après la découverte de ce médicament, des millions de personnes atteintes n’ont pas accès à l’insuline dont ils ont besoin.

Mamadou Nimaga

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